Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 19:46

03.10.2009

Nous laissons derrière nous Mostar et son ambiance multi-culturelle pour nous diriger à nouveau vers la côte, vers Dubrovnik, l'extrême sud de la Croatie. Nous voilà sur de petites routes pentues sous une pluie battante et rien ne semble s'arranger. Les villages traverses n'ont de vilage que le nom, inscrit en cyrilique a l'entree et a la sortie des tas de ruines. Dans l'un deux, nous nous abritons quelques temps sous un abris en tole. Les anciennes rues du village sont recouvertes d'une vegetation luxuriante, nous nous y enfoncons pour y trouver un meilleur spot de bivouac.

- Ce village il a ete bombarde non ?

- Oui et puis ?

- Les obus ils n'ont peut etre pas tous exploses ...

Nous revenons sur la pointe des pieds, finalement l'abris de toute a l'heure fera tres bien l'affaire. Nous sommes en bordure de route mais a l'abris du deluge. Bivouac visible, il faut assumer : une patrouille de police qui s'etait fourvoyée dans ces contrées désertiques nous voit et vient se garer pleins phares face à nous. Deux silhouettes encapuchonnées s'extirpent de la voiture pour rapidement venir nous rejoindre sous l'abri. Apres avoir manqué  s'étaler par terre en se prenant les pieds dans un hauban de la tente, l'un deux prend la parole :
"Passeporte, dokumente..."
Apres vérification :
"-Alcool, cigarettes?
-Ne.
-Marijuana?...
-Ne, ne."
Et hop, il nous sert la main comme à de vieux potes retrouvés par hasard sur le bord de la route, puis remontent dans la voiture et n'oublient pas bien sur de nous saluer d'un coup de klaxon en démarrant, tradition bosniaque...

Le lendemain,le ciel se dégage tranquillement, séchant nos habits. On traverse encore de la montagne, des paysages inhabituels, et retrouvons les premières figues Adriatiques. Nous choisissons un petit village perché pour pique-niquer. Abimé par la guerre, il abrite quand même quelques habitants dont Dragan, professeur d'Histoire à la retraite, qui nous invite à manger sur sa terrasse couverte de vigne.
Il nous offre  son vin maison, nous fait goûter le fromage de ses chêvres et nous donne des raisins de sa treille pour le dessert.
Nous discutons à tâtons; nous repartons en le remerciant comme nous le pouvons mais c'est dur de lui dire que le naturel avec lequel il nous a accueillis nous touche...

Par une petite route à travers une enfilade, nous rejoignons la frontière croate, puis redescendons vers la mer. Pour la première fois, on voit au-dela des îles et pouvons discerner la ligne d'horizon.
Belle petite descente, rapide retour au monde du littoral, nettement moins sauvage que les paysages de ces derniers jours. Nous arrivons dans un petit port et tombons sur un voilier francophone : des suisses romands.
Ils nous invitent à prendre l'apero à bord. La belle affaire, depuis le temps qu'on parle de voiliers...
Pendant quelques semaines, il ont loué ce monocoque pour  un Split-Dubrovnik-Split, de ports en îles, ça aussi, ca nous donne envie, déjà que cette idée trottait un peu dans nos têtes.
Un voilier semblable est sur le point de s'amarrer au même quai.
"-Ah on les a vus ce matin à Dubrovnik, eux...
-Ils viennent d'ou?
-Je sais pas, mais vu comme ils manoeuvrent, je pense qu'ils sont francais..."
Nous les laissons avant l'heure du souper, pour quelques rapides kilomètres sur la côte au soleil couchant.


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Par Quentin
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 19:45
article à venir
Par Quentin
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 16:09

Le chemin débouche sur une petite ville, la nuit tombe, le velo d'Adrien a crevé, on a faim et sommeil, la ville n' est pas celle attendue, dur retour à la civilisation.
Très vite un attroupement se créé autour du vélo démonté.
- D'où venez-vous ?
- Quel âge avez-vous ?
- C'est quelle marque vos vélos ?
- Il est bien mon vélo ?
Ils sont une vingtaine, de 12 à 17 ans et à eux tous, ils totalisent une somme impressionante de questions.
Une fois le vélo réparé, ils se proposent de nous trouver un lieu de bivouac et plusieurs heures durant,ils nous promènent à travers la ville.

* marche désafecté : trop glauque.
* parc de la mairie : la tente est montée, les affaires débalées mais la police arrive (en pleine phase de préchauffage   du réchaud) et très courtoisement nous en déloge.
* communaute religieuse : le prêtre est absent, le gardien ne veut prendre aucune responsabilité.
* lisière de forêt : Nos jambes sont lourdes et nos ventres sont creux, tout nous va.

Tout au long de la prospection, notre escorte s'éclaircit, les plus jeunes rentrent à la maison et seuls restent les grands avec qui on discute en marchant.

Bribes de dialogue :
- Est-ce que vous pouvez nous faire un petit résumé de l'histoire de la Bosnie ?
- Euh ... l'histoire est compliquée.
- Tu sais, on n'a pas besoin des dates ni des noms des présidents, juste les grandes lignes.
- Euh ... c'est vraiment trop compliqué.
Ces questions créent une gêne palpable, je n'insisterai plus.
- Ici la vie est tres compliquée aussi.
- Pour quelles raisons ?
- En Bosnie il y a trois communautés, les Croates (nous), les Serbes, et les Muslims.
- Et entre les trois il reste pas mal de tension non ?
- Beaucoup, oui, surtout pendant les matchs de foot.
Et à nouveau,
- C'est difficile de vivre ici.

"Personne ne vient jamais dans cette ville alors on est content de voir des étrangers." Devant tant d'enthousiasme,à la question, "Pourquoi Shiroki ?" je n'ose pas répondre:  "Parce qu'on s'est perdus."
Ils veulent devenir informaticiens, ou ingénieurs et pour la plupart, partir étudier en Croatie "parce que c'est mieux là-bas". Ils veulent tourner la page du passé, se tourner eux mêmes aussi ... vers l' Ouest.
"En Croatie ils ont des Mac Donalds, ici il n' y a rien, vous avez un Mac Donalds dans votre ville?", "tu connais greenday ?",  "vous avez facebook ?" .

Les jours suivants sont eux aussi riches en rencontre, immobilisés quelques temps pour mettre à jour le blog,  nous prenons racine à Shiroki, nous nous fondons au paysage. En ville, nous croisons souvent les mêmes personnes, nous retrouvons les gamins de la veille et d'autres encore. L'un d'eux nous montre fièrement son vélo, "j'ai fait ça moi même" nous dit-il en montrant un siège bricolé sur son porte-bagages "it's like a chopper now ! ". Il nous parle de ses autres vélos, 10 au total. On se sent plutôt bien ici ... 
 

Par Quentin
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 16:08
26.09.09

Nous attendions avec impatience la cérémonie du tampon-passeport. Il n'en est rien, nous passons la frontière sans aucune formalité, le douanier joue avec sa matraque et , pour nous amuser, fait semblant d'assommer son collègue. Quel manque de sérieux ! A première vue, la Bosnie ne paraît pas plus pauvre que la Croatie. Les gens vivent simplement mais pas misérablement. Les idées recues se disssolvent : apres le mythe du douanier corrompu, celui du bidonville bosniaque.
Le mythe du vent toujours dans le nez, il est bien réel lui, on se cramponne au guidon tel le marin à son gouvernail un jour de tempête.

L'ambiance est beaucoup plus continentale, et avec les lacs nous allons enfin retrouver l'eau douce.
A l'éclatement de l'ex Yougoslavie, chaque nouveau pays s'est doté de sa propre monnaie; en Croatie le Kuna, ici le Maraka. Aux premieres courses, on découvre que les pièces  de 2 et de 5 sont ornées d'une colombe portant un rameau, en revanche on n'en sait toujours pas plus sur leur valeur en euro.
Tomislavgrad. Alors que nous pique-niquons, la voix du muezin retentit. Surpris, on se regarde "on est loin..."
Depuis quelques jours nous murissons le projet :40 km de piste à travers les balkans. Ces "routes" font partie intégrante du réseau de communication, en témoignent les voitures et camions croisés. Pourtant, ce ne sont que de larges bandes caillouteuses. Dans ces paysages chaotiques et déserts, on se sent l'âme d'un explorateur, on ne visite plus, on découvre (tout du moins on en a l'impression).
Les conducteurs rencontrés sont souvent hilares ou parfois effrayés de nous croiser en un tel lieu, de toute manière, ils sont toujours surpris. "Ce qui est cool, c'est qu'eux aussi nous trouvent complétement authentiques, c'est un peu comme un partage."
On se sent très loin, presque au bout du monde mais la nature nous est maintenant familière, on se sent dans notre élément  "t'as vu, ici l'herbe est comme en haut du Suchet"
On ne sait plus trop où l'on est , on navigue au cap et la route mérite pleinement désormais l´appellation de chemin.




"Ce qui est rare est cher" l'expression est aussi valable pour les étrangers. A la sortie du massif , nous rencontrons Maria, Janja, Ante et Slobodan, ils récoltent des patates et c'est la pause du goûter, ils nous y convient. Quel repas de roi ! Ils nous offrent de la salade, des carottes, des vache-qui-rit, des gaufrettes et on doit insister pour ne pas repartir avec un sac de pommes de terre. De notre côté, nous partageons nos réserves (abondantes) de chocolat.
Ante est hilare de nous savoir venus en vélo par ce chemin pourri, il 'esclaffe sans arrêt. Maria nous demande si on va à Mostar pour prier (Mostar est un lieu saint pour les catholiques). C'est toujours délicat de répondre à ce type de questions lorsque l'on sait les tensions qu'elles ont créées.
- Ne imam nichta religia (je n'ai aucune religion)
-Ne problem (pas de probleme)
puis je rectifie
-Ya religia ye chovek (ma religion est l'homme)
- Ah Chovek , dobro,dobro (c'est bien,c'est bien)
Nous ressentons souvent cette volonté de gommer les tensions passées, de négliger tout ce qui pourrait diviser, foi ou nationalité.
Nos faibles notions en serbo-croate nous permettent de tenir une conversation sommaire, les gestes complètent.
Ils prennent le temps de nous comprendre et de se faire comprendre. A leur coté, on se sent bien, il n´'y a aucune gêne, on a même l'impression  que cette rencontre était prévue, que l'on rend visite à des amis.


 


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Par Quentin
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 16:07

24.09.09

Le charme des côtes dalmates, la tiédeur de ses eaux, la couleur de ses fonds marins, bien sûr, tout cela nous enchante, mais ne nous comble pas tout à fait. Tout est peut-être trop facile ou alors trop peu différent, et puis nous sommes en voyage, pas en vacances. Cap sur l'intérieur des terres, un peu moins de touristes, un peu plus de Croates, un peu moins d'asepsie, beaucoup plus d'authentique. Le contraste est effectivement frappant. Alors qu' à Zadar la vie nous semblait riche et prospère, à moins de 10 km de la côte, nous voilà plongés dans la France rurale des années 70.

A partir de Vrana, l'atmosphère change encore d'un ton, kilometre apres kilometre les maisons en ruines se succèdent en sordides chapelet. On dit souvent que les murs ont des oreilles. Apparemment, a Lađaveci ils sont aussi dotés de la parole. Ici une ligne d'impact encadre la fenetre. Qui était dérière le fusil mitrailleur, qui était dérière la fenêtre. Et là un cratère béant ouvre la facade, comment ne pas imaginer le bruit de son explosion, les cris qui l'on accompagné. Les balafres des maisons nous racontent l'histoire tourmentée du village.


 




Plus au nord, aux alentours du peručko jezero (lac de peručko), les cicatrices de la guerre se font de plus en plus rares, d'autres visions plus ravissantes prennent le relais. Une grand-mère, fichu noir sur la tête, garde un troupeau de moutons, pour passer le temps, elle brode. Assis contre un tronc, au bord du lac de perucko, un berger surveille trois vaches d'un oeil distrait. Vision idyllique d'un pays en paix.




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Par Quentin
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  • : Une année à vélo autour de la mer Méditerranée, à la rencontre de nos voisins de l'est et du sud.

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